Bonjour,
J’espère que vous allez bien depuis la dernière Pleine Lune.
Cela fait quelque temps que j’ai envie de vous partager l’une de mes réflexions sur le doute.
À l’air des réseaux sociaux où le racolage est roi et l’affrontement quotidien, portés par des tendances et des courants de plus en plus radicaux, le doute a-t-il encore une place dans notre vie ? La société contemporaine actuelle nous permet-elle de douter, ne serait-ce qu’un instant, avant de nous prononcer et de choisir un camp ? En ce mardi 18 février à l’aube, j’ai choisi de prendre le temps de prendre mon temps pour remettre en question l’idée que je me faisais du doute.
En espérant que cette nouvelle forme de partage vous plaise, je vous remercie par avance pour votre lecture. N’hésitez pas à me faire part de vos réactions par mail : hello@radiant-orchid.com ou sur mon compte Instagram.

Le doute : un allié sur mon chemin introspectif
Étymologiquement, le terme « doute » vient du latin dubitare qui signifie « douter, hésiter entre deux avis » mais aussi « craindre ». Lorsque nous doutons, nous nous retrouvons à la croisée des chemins, touchant aux limites de l’inconnu et dans l’incertitude de la vérité.
C’est sur cette base obscure, hésitante et dans le tâtonnement le plus complet, que je foule depuis plusieurs années différents chemins introspectifs et initiatiques. Ils me permettent de me questionner sur ma vie, mon évolution et celle de la société, de manière non binaire, en recherchant une 3e voie, équilibrant de manière dynamique les « oui » et les « non » absolus. Mais, le doute est-il vraiment essentiel et nécessaire sur mon cheminement personnel, énergétique et spirituel ?
Omniprésents dans les textes de philosophies ou religions orientales (comme le bouddhisme) dans la société moderne actuelle, le doute, le scepticisme et la remise en question ne sont pas légion. Ils sont bien souvent perçus comme marginaux, synonymes d’hésitation, de faiblesse et d’un certain manque d’affirmation. Mettant en lumière l’infaillibilité et la vulnérabilité humaines, ils sont jugés comme néfastes car contre-productifs. Eh oui, ne l’oublions pas, il faut être avant tout rentable, performant et actif !…
Personnellement, je crois profondément que lorsque l’on s’engage dans une démarche de croissance personnelle (quels que soient sa méthode, ses rituels et ses enseignements), le doute a toute sa place. Il nous invite à faire, en conscience, un pas de côté pour nous éloigner des valeurs de productivité, de réussite et d’argent (sans pour autant être totalement décorrélé de la société).
Grâce au doute, nous sortons la tête de nos écrans qui nous hypnotisent plusieurs heures par jour. Les algorithmes nourrissent des cercles vicieux de la pensée standardisée en nous proposant constamment des avis et informations validant nos propres croyances et vérités. Dès que nous sortons du sérail, une pluie de jugements s’abat sur nous car nous faisons forcément fausse route. À l’instar du doute et de la remise en question, le désaccord n’a plus raison d’être dans notre société. Mais alors, comment progresser et évoluer individuellement (et aussi collectivement) si nous ne pouvons plus échanger avec des personnes qui ne pensent pas comme nous, dans le respect de nos vérités personnelles ?
Même si c’est totalement humain de se rapprocher de ce et ceux qui nous ressemblent, aujourd’hui ce fonctionnement est omniprésent, standardisé et exacerbé. Naturellement, l’humain n’est pas attiré par ce qui est différent de son cadre de référence personnel. L’ouverture n’est donc pas donnée à tout le monde. Une éducation rigide et le partage d’une ou plusieurs peurs inconscientes construisent des enfants fermés qui deviendront à leur tour des adultes portant des œillères. Je pourrais m’arrêter ici, en restant sur cette note négative. Mais, vous savez quoi ? Il y a beaucoup de positif là-dedans car tout se transforme et se métamorphose dans la vie si on le souhaite vraiment. Le secret est d’y aller pas à pas, en respectant notre rythme intérieur. Pour gravir une montagne haute et imposante, il faut se préparer et monter palier par palier. Pour ouvrir son esprit, il en est de même. Tout est question de processus. Il est intéressant de débuter en observant les petites choses anodines du quotidien. Tel Sherlock Holmes, soyons attentif et dans des lieux publics, faisons preuve de plus de curiosité envers ce qui nous entoure. Saisissons toutes les opportunités que nous avons d’apprendre et d’explorer la nouveauté. Plus nous nous questionnons, plus nous doutons et plus nous doutons, plus nous nous interrogeons. Si vous vous rendez compte que vous retombez rapidement dans le jugement, remplacez vos idées préconçues et vos convictions limitantes par des questions ouvertes afin d’en découvrir plus (sur une personne, un fonctionnement, un objet, une culture…).
Derrière chaque comportement, chaque parole ou chaque mot se cache une raison, qui même si vous ne la partagez pas, a le mérite d’exister.
Je doute, donc je suis ?
Douter, c’est être libre de remettre en cause ce que l’on avait jusqu’alors comme cadre de référence, de croyance ou de vérité. Douter, c’est redevenir le co-créateur de sa vie en repoussant sans cesse les limites de ses recherches et de ses réflexions. Douter, c’est exister. Douter, c’est parfois accepter de recommencer, de mettre un coup de pied dans la fourmilière de ses idéaux et de repartir à zéro. Le doute nous éloigne de la certitude et de la vérité absolue, notamment imposés par les dogmes.
Lorsque l’être humain ne doute plus, il ne se remet plus en question car il endosse le rôle de « sachant ». L’accumulation des connaissances intellectuelles englouties sur les bancs de l’école peut parfois devenir vertigineuse lorsque l’étudiant fait ses premiers pas dans la vie professionnelle. Pourtant, le doute est nécessaire car il nous permet de nous interroger, encore et encore… Socrate (470 avant J.-C. – 399 avant J.-C.) disait : « Un philosophe est celui qui ne sait rien, mais cherche à savoir. »
En reconnaissant ne pas savoir, le doute nous amène à l’humilité. Nous nous éloignons alors de l’arrogance en pensant tout connaitre, tout comprendre et tout maitriser.
Pour le philosophe Alain (1868 – 1951), « le doute est le sel de l’esprit ». Douter, c’est aussi admettre que l’on peut se tromper et être trompé par nos sens ou par nos propres pensées. Quand on exclut le doute, on se ferme à l’éventualité que la réalité puisse être différente et donc potentiellement être dans l’erreur. Sans prendre ce risque nous restons dans une réflexion superficielle et illusoire. À mes yeux la vie est une illusion perpétuelle avec laquelle nous avons choisi de cohabiter depuis notre incarnation, notre naissance dans cette vie. Le sens du cours de notre existence étant illusoire, il prend alors la direction que nous voulons bien lui donner. Ce qui peut être un non-sens pour une personne peut alors devenir le socle d’une philosophie de vie positive pour une autre.

Doutons ensemble !
La force du collectif peut multiplier nos doutes mais enrichir l’intensité, la diversité et la profondeur de notre expérience. Le peintre et sculpteur Georges Braque (1882 – 1963) disait : « Contentons-nous de faire réfléchir, n’essayons pas de convaincre. » Le doute est la source de toute réflexion et de toute vérité. En nous tournant vers des personnes ouvertes, respectueuses et bienveillantes pour leur demander de l’aide, un avis ou un conseil nous enrichissons notre réflexion, notre introspection et notre chemin de croissance personnelle.
Dans notre vie quotidienne, la plupart de nos jugements et donc de nos actions, sont conditionnés par l’habitude. Une routine est une habitude mécanique, inconsciente et irréfléchie résultant d’un nombre important d’actions répétées. À sa différence, le rituel est composé de différentes actions, règles et habitudes réalisées en conscience. Dans cette lumineuse quête de la vérité, il est important de suivre et de vivre en collectif des rituels sécurisants et sécurisés pour accueillir le doute afin qu’il se transforme en un outil de notre méthode introspective.
Sur tout véritable chemin de croissance personnelle, introspective ou initiatique, aucune vérité est absolue. On ne nous fourni pas de solution clef en main (comme cela peut être le cas dans la religion) car aucune certitude n’est présente. Je crois donc que ma vérité d’aujourd’hui peut exister quelques instants, plusieurs années comme toute ma vie. Je m’ouvre au doute et lui laisse la place dont il a besoin pour me faire changer (psychiquement, énergétiquement, physiquement, spirituellement…) et métamorphoser mon existence.

Trop de questions, tue la question !
S’interroger, chercher et se questionner sans relâche, c’est sain, riche et bon. Mais comme toute chose le doute a ses limites. Douter, ce n’est pas décider, se positionner ni passer à l’action. La remise en question de notre processus intellectuel critique ne doit pas être veine. Pour qu’il nous soit utile, le doute doit nous aider à sortir de notre zone de confort en éclairant nos pensées, mais surtout nos actions. Je crois que le doute est indispensable dans une démarche introspective consciente, mais il est doit rester temporaire et provisoire. Lorsqu’il devient trop important, le doute nous enferme et peut engendrer une trop grande confusion. En s’installant à vitesse grand V, il peut fragiliser notre estime et notre confiance en nous, en nous empêchant de faire le pas suivant.
La seule certitude que j’ai aujourd’hui est de poursuivre mon chemin personnel, énergétique et spirituel en complétant mon doute avec l’énergie de mon espoir et de ma foi. Je me souhaite de marcher le plus longtemps possible vers la lumière de la vérité, tout en restant connectée à mon coeur, mon corps et mon âme.
Merci de m’avoir lue.
Je vous souhaite une lumineuse et heureuse journée… ponctuée de doute et de beaux questionnements !
Bien à vous,
Anne-Sophie