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De l’ombre à la lumière

Bonjour,

J’espère que vous allez bien en cette période intense d’éruption solaire (qui nous impacte directement) et à quelques jours de la Nouvelle Lune en Poissons. Personnellement je me sens un peu « bousculée », alors j’accueille de mon mieux ce qui arrive, en m’efforçant de danser sous la pluie… et les orages de la vie. 

Portée par vos doux retours à la suite du partage de mes réflexions sur le doute, j’avais envie aujourd’hui de vous livrer l’un de mes questionnements du moment : « Doit-on obligatoirement connaître les ténèbres avant d’accéder à la Lumière ? ». En voilà une bonne question, n’est-ce pas ?

De l’ombre à la lumière

Le célèbre philosophe et écrivain français Jean-Paul Sartre dit : « Il est impossible d’apprécier correctement la lumière sans connaître les ténèbres. » Pour le plus jeune lauréat du prix Nobel de la paix en 1964, Martin Luther King : « L’obscurité ne chasse pas l’obscurité, seule la lumière peut le faire. ». Je crois que la profondeur de ces citations est aussi vaste que cette thématique, explorée dans de nombreuses traditions et pratiques spirituelles, philosophiques, initiatiques et-ou religieuses. 

Les ténèbres sont dans l’obscurité. Le noir capte et absorbe toutes les longueurs d’ondes lumineuses et n’en réfléchit aucune. Pourtant la passion de l’homme pour la couleur noire (car pour moi c’est bien une couleur) ne date pas d’aujourd’hui. Dès 35 000 ans avant J-C, les hommes descendaient dans des grottes (les endroits les plus obscures de la terre) et pourtant ils peignaient avec du charbon, noir ébène. C’est grâce à la lumière du feu qu’ils pouvaient éclairer leurs œuvres, expression directe de leur âme. Sans noirceur, pas de lumière, et inversement. Une bougie en plein jour n’éclairera jamais aussi bien qu’en pleine nuit.

Tel le Yin (énergie féminine) et le Yang (énergie masculine), ce duo indissociable et unique représente bien plus que les extrêmes de l’échelle de clarté. Oui, techniquement, toutes les couleurs peuvent être sombres ou claires. Pour éclaircir une nuance, il suffit d’ajouter du blanc. Pour l’assombrir, on ajoute du noir. Mais symboliquement, qu’en est-il ? Dans les pensées, les paroles et les actions d’un être foulant un chemin initiatique, religieux ou une voie de développement personnel, il en est de même.

C’est pourquoi, la délimitation de sa propre noirceur est essentielle pour être éclairée et mise en lumière.

Sans plonger dans les profondeurs de notre être et sans naviguer dans notre propre obscurité, cela me semble impossible. Comment pourrions-nous identifier, dépasser, transformer et transcender la partie la plus sombre de nous-même sans avoir gouté à la nuit noire ?

Dans la Bible, il est dit que Dieu sépare les éléments qui ne sont pas de même nature pour unir ceux qui le sont. L’action divine sépare donc la Lumière des ténèbres. A l’instar des six jours décrits dans la création (« il y eut soir, il y eut matin ») ces deux éléments sont essentiels pour définir la temporalité d’une journée. Ce jour et cette nuit composent 24 heures, puis au bout de 7 jours, nous arrivons à une semaine. Au fil des semaines, des mois, des saisons rythment notre quotidien et notre roue de l’année. Et ainsi de suite… Sans cet équilibre d’ombre et de lumière, pas de cycle, de mort, de vie ni de renaissance ? 

De lumineuses réflexions au coeur de la nuit

Jeune adolescente, j’ai profondément adoré le scoutisme. L’un de mes moments favoris en week-end ou en camp, c’était la veille. À la lueur de la bougie, le plus souvent sous la voute étoilée d’une jolie nuit d’été, je devais alimenter un grand feu tout en priant et en répondant à des questions spirituelles et philosophiques. Ces moments hors du temps me transportaient. Seule dans le noir de la nuit et de la forêt, je reconnectais avec mon coeur et mon âme, pour mieux me découvrir, sans masque, jugement, ni faux semblant. Un peu comme si j’étais face à un miroir, à l’aube d’une métamorphose, d’une évolution et d’une renaissance, dès le lendemain matin, avec le chant du coq à l’aube, pour annoncer le retour de la lumière.

En ces temps modernes où tout doit être mis en lumière, exposé sous les feux des projecteurs et surexploité pour se raconter (une histoire plus ou moins authentique !), la lumière nous attire, nous pousse à « briller » aux yeux de la société, jusqu’à parfois nous brûler les ailes. La tendance est à la culture d’une image illusoire, parfois aux antipodes de notre véritable Moi, pour paraître et non pour « être », tout simplement.

Devant cette lumière artificielle, je vous invite à fermer les yeux. Il ne s’agit pas ici d’un acte de déni, mais bien au contraire, d’une volonté consciente et éclairée (si je peux me permettre le jeu de mot !), pour mettre la lumière sur notre intériorité. Les profondeurs de notre être sont à l’image des aspirations de notre âme, de notre personnalité, de nos qualités et de nos défauts, composées de multiples facettes différentes. Dans des sombres marécages ou fond des eaux troubles peu attirantes se cachent le plus souvent de magnifiques trésors. Notre lumière intérieure ne demande qu’à être explorée, puis révélée. Il nous est donc essentiel et nécessaire de plonger les mains dans la m****. Beurk ! C’est loin d’être glamour… Et le plus souvent, cela se fait à l’aveugle, comme dans la mythique épreuve des jarres de Fort Boyard.

Pour poursuivre notre route et continuer vers l’étape suivante de notre évolution personnelle, énergétique et spirituelle, il nous faut trouver nos clés intérieures pour ouvrir les prochaines portes. Et si nous ne le faisons pas, que se passe-t-il ? J’ai immédiatement la vision d’une image de dessin animé illustrant un humain faisant du sur-place sous un nuage, en plein orage, alors qu’un soleil radieux illumine tout le reste du paysage. Il me semble indispensable de passer à l’action, en plongeant véritablement en nous pour faire le lien entre nos pensées (intellectuelles, mentales), notre coeur (nos émotions qui ne sont que des énergies), nos tripes (nos valeurs, nos principes, nos besoins) et notre corps (nos ressentis, nos sensations, notre mémoire cellulaire). Sinon, nous risquons de subir bien plus longtemps les tempêtes sombres et les violents orages. 

Bien entendu, en tant qu’être humain, nous ne pouvons échapper aux « ténèbres » et aux difficultés associées à notre partie sombre. C’est là toute la complexité de notre incarnation ici-bas. Oui, nous avons souffert, souffrons peut-être actuellement et souffrirons encore. Il en est de même pour les épreuves, les défis de la vie et les doutes qui érigent des blocages monstres sur notre route. Mais, en prenant un peu de recul sur la situation problématique, comment pourrions-nous apprécier et profiter pleinement des moments d’accalmie, d’un sentiment de paix intérieure ou du bonheur simple d’éprouver une joie profonde, non éphémère ? La puissance de la lumière se révèle davantage lorsque la nuit se fait noire.  

Redevenir co-créateur de sa vie

C’est dans ces moments d’incertitude, de confusion et de « flou artistique » que l’on peut réellement se rendre compte de notre pouvoir de décision et de notre responsabilité personnelle. Si nous ne pouvons modifier complètement notre destinée et les expériences douloureuses qui lui sont associées, nous sommes libres dans notre manière de les accueillir, de les vivre et de les comprendre. C’est là que la lumière éclaire nos doutes et nous propose différentes vérités et voies à explorer. Il s’agit d’une sorte d’illumination, de révélation ou de prise de conscience, appelez cela comme vous le souhaitez. La lumière est beauté. Elle est puissance et volonté. Mais sans notre action consciente, nous pouvons clairement passer à côté de ses bienfaits. C’est le cas de le dire !

Enfin, j’ai découvert tout récemment que la devise de la ville de Genève était « Post tenebras lux ». Cette phrase latine signifie « Après les ténèbres, la lumière. » Il s’agit d’une version plus courte de la citation originale « Post tenebras spero lucem », qui veut dire « Après les ténèbres, j’espère la lumière » (chapitre 17, verset 12 du livre de Job). Jolie synchronicité pour moi qui vous écrit depuis la Suisse, n’est-ce pas ? 

Si vous traversez actuellement une étape sombre de votre vie, je vous souhaite d’espérer plus que jamais le retour de la lumière. Soyez courageux, résilient et patient. La roue fini toujours par tourner, comme la nuit s’efface chaque matin pour faire la place au lever du soleil, et au renouveau…

Merci de m’avoir lue.

Bien à vous,

Anne-Sophie

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